La communication verbale, votre premier bouclier contre la violence

Si on ne peut pas toujours éviter le recours à la violence, il est cependant possible d’essayer de convaincre son agresseur de l’inutilité de son geste, avant que ce dernier n’ait recours à la force. Votre capacité de persuasion peut donc, dans certains cas, vous épargner l’affrontement. Soyons malgré tout réalistes, l’efficacité de votre communication dépend en grande partie de la manière dont vous adressez votre assaillant et malheureusement aussi, de son niveau de compréhension. Si vous voulez parvenir à vous sortir d’une situation délicate dans laquelle vous êtes pris pour cible, vous allez donc devoir faire confiance à votre improvisation et à votre bonne étoile pour que votre agresseur ne pense pas que vous essayez de le manipuler.

1) Comment vous exprimer pour éviter la violence

Comme vous vous en doutez certainement, certaines méthodes sont à proscrire si vous voulez sortir de cette confrontation sans avoir à utiliser la force physique. Petit tour d’horizon des facteurs qui peuvent diminuer les risques d’apparition de la violence.

  • Le niveau de langage : que vous sortiez de Polytechnique ou de St-Cyr, cela ne vous aidera pas. Ce n’est pas le moment d’étaler votre culture et d’utiliser des termes techniques que votre agresseur ne comprendra pas. Tout ce que vous parviendrez à faire, c’est à le pousser dans ses retranchements en ce qu’il pensera que vous tentez de le rabaisser ou de mettre en lumière son infériorité intellectuelle. Même si cette dernière est avérée (les agresseurs sont rarement des personnes éduquées, adeptes de raisonnements logiques et de débat d’idées), appuyer sur ce point est une erreur cruciale. N’essayez pas non plus de vous « identifier » à votre agresseur, surtout si la différence de style ou de milieu social est évidente. La complaisance est un autre facteur qui peut déclencher la violence. Ne parlez pas en « verlan », n’utilisez pas les mêmes expressions que votre assaillant sous peine de le frustrer. Utilisez un français courant et correct, garni de mots et d’’expressions simples en évitant les sous-entendus ou les figures de style.
  • Le débit de parole : vous devez démontrer votre calme et votre sérénité à votre agresseur. Parlez lentement, sans hésitation et essayez de cacher les signes d’angoisse comme les tremblements dans la voix ou le noeud dans votre gorge. Articulez correctement chaque mot prononcé pour faire retomber quelque peu la pression et la gravité de la situation.
  • La politesse : évitez toutes insultes ou marques de mépris comme l’humour mal placé ou la condescendance. Pas de « ou là, tu me fais peur ! » ou de « non je n’ai pas d’argent, je suis pauvre »… Même si vous considérez que votre agresseur ne mérite pas votre respect, c’est en lui montrant que vous êtes capable de respecter certaines limites, même sous la menace, que vous aurez une chance de le faire réfléchir quant à la légitimité de son acte.
  • L’humour « simple » : contrairement à ce que vous pensez, l’humour n’est pas toujours inutile dans ce genre de situation. Une condition doit cependant être respectée. Vos paroles ne doivent pas être équivoques et vous ne pouvez pas « attaquer » verbalement votre agresseur. Ainsi, s’il vous demande pourquoi vous le regardez de travers, dites-lui que c’est tout simplement parce que vous êtes photographe de streetwear et que vous trouvez son blouson vraiment unique. Demandez-lui où il se l’est procuré histoire de le flatter et de tracer votre chemin par la suite !

2) La communication verbale comme élément défensif

Lors d’une agression, votre aptitude à communiquer vous permet de reprendre le contrôle de la situation. Elle apaise l’atmosphère et réduit l’effet de surprise et votre positionnement en tant que dominé. Les mots que vous utilisez doivent cependant être bien choisis.

Évitez à tout prix ceux qui revêtent un caractère injurieux ou vexant afin de ne pas stimuler l’appétit de violence de votre agresseur. Ne jouez pas sur les doubles sens ou les insinuations. Soyez direct, assuré et montrez que vous n’avez pas peur de ce qui peut arriver.

Pour que votre communication serve effectivement de bouclier face au potentiel d’agressivité de votre assaillant, vous devez adopter un langage corporel adéquat. Ainsi, vous devrez vous tenir droit, la tête haute et regarder votre interlocuteur dans les yeux (sans mépris, ni peur). Votre dialogue se voudra dénué d’agressivité ou d’hésitation. En fait, le côté émotionnel de la discussion est à proscrire.

La communication verbale est une arme de dissuasion, mais aussi et surtout un très bon moyen de contrer les attentes de votre agresseur et de gagner en contrôle. Elle vous permettra d’atténuer les effets de l’agression, voire même de prendre l’initiative de la fuite ou de frapper le premier sans que votre agresseur ne s’y attende.

Dans ce cas, la meilleure technique Sera de passer en l’action en plein milieu d’une phrase, ce qu’évidemment votre agresseur ne peut prévoir. Attendez donc le moment propice, en essayant de combler les blancs avec vos paroles, et quand l’occasion se présente (un léger signe d’inattention de la part de votre agresseur), profitez-en pour mettre un terme à l’altercation soit en fuyant, soit en lui assénant le premier coup avant de prendre la fuite.

La communication est le premier rempart face à une agression. Elle peut même vous permettre d’éviter le recours à la violence si vous parvenez à « séduire » votre agresseur. Mais ne rêvez pas, cela ne vous permettra pas de vous en sortir à chaque fois. Certains assaillants sont plus déterminés que d’autres, et la violence est alors le seul moyen d’expression adopté. De plus certains profils sont incompatibles avec le dialogue, comme par exemple les toxicomanes ou les personnes saoules qui ne comprendront pas ce que vous tentez de leur dire. Quoi qu’il en soit, entraînez-vous devant votre miroir à effacer la peur de votre visage et à parler calmement en toute situation, si cela ne sera pas toujours utile, cela ne coûte rien d’essayer !

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