Auto-défense ou auto-protection : quel comportement adopter face à un agresseur ?

Quand une personne mal intentionnée s’approche de vous dans le but de vous engager physiquement, tout un tas d’émotions traversent votre esprit. De la possibilité de fuir, à celle de lui montrer à qui il a affaire en vous imaginant déjà lui faire une clé de bras et lui déboiter l’épaule… Seulement voilà, c’est aussi le moment ou le doute s’installe : comment réagir ? Pouvez-vous vous aussi avoir recours à la violence ? Devez vous attendre que l’altercation aille plus loin avant de lui balancer un bon crochet dans les gencives… Tout est question d’interprétation… Et ce blog a pour but de vous donner des conseils pour vous sortir de ce genre de situation avec un objectif principal : évitez de nuire à votre propre intégrité physique…quitte à égratigner votre agresseur !

1) Qu’est-ce que l’auto protection ?

Si tout le monde connaît la définition de l’auto-défense (le droit de riposte lors d’une agression pour en limiter les dommages physiques), notamment grâce aux séries américaines à fortes audiences, la notion d’auto-protection est bien moins répandue.

Les termes même diffèrent : se protéger évoque une notion d’anticipation, d’adaptation à une situation dangereuse pour en éviter l’issue qui paraît cependant inéluctable, quand la défense réside plus dans la réaction, la réponse à un acte physique commis à votre encontre.

L’auto-protection est donc bien différente en ce qu’elle introduit la notion de combat, le fait que vous devez vous préparer à vous battre pour de vrai, et non pas uniquement à parer des coups. Elle vous permet aussi de ne plus laisser votre agresseur progresser dans votre sphère personnelle sans en payer le prix. Oubliez tout ce que vous avez appris lors de vos cours de judo ou de jujitsu… Les sports de self-défense sont inutiles.

2) Arts Martiaux et self-défense

« Venez perfectionner vos techniques de self-défense dans notre dojo » dit une pub pour des cours de judo… Vraiment ? Un professeur ceinture noir d’un art martial qui a totalement renié ses origines asiatiques pour devenir une sorte de danse en costume va vous apprendre à vous défendre dans la rue contre 2 ou 3 types armés qui en veulent à votre blouson ? Sincèrement ? Chez les bisounours peut-être…

Mais pas dans la réalité ! Ce fameux professeur a-t-il seulement une expérience du combat en tant que tel ? Ou a-t-il passé ses galons auprès d’autres « pros » en kimono qui n’ont jamais eu à défendre leur vie ?

Bref, avant de vous inscrire à des cours de sports de « défense », essayez d’en évaluer l’impact et l’efficacité lors de situations concrètes. Certes, cela favorisera la possibilité de trouver la paix intérieure, et de mieux maîtriser vos émotions, mais soyons honnêtes, au niveau capacités et compétences développées pour effectivement remporter un affrontement, on frôle le zéro pointé. Ce qu’il vous faut, c’est une formation à la violence à l’état pur.

Non pas pour devenir une montagne de muscles capable de briser la nuque de n’importe qui, mais tout simplement pour mieux appréhender ce à quoi vous pourriez avoir à faire face, et comment y réagir…pour de vrai !

Le développement des MMA (mixed martial arts) est d’ailleurs basé sur ce système. Les affrontements sont réels et mélangent de nombreux styles de combat pour vous apprendre une chose : pouvoir vous sortir de n’importe quelle situation incluant une violence physique (pour plus de détails sur les MMA, je vous conseille de regarder quelques meetings de l’UFC : Ultimate fighting Championship, où vous verrez que le judo par exemple, n’a pas sa place !)

3) Comment se protéger le plus efficacement possible ?

Savez-vous ce que les meilleurs combattants ont en commun ? Ils ne se basent jamais sur la défense. Que ce soit à l’armée dans les commandos, ou lors d’entrainements dans les salles de sports de combats extrêmes, on ne vous apprendra que très rarement à effectuer des parades ou à bloquer des attaques. En revanche, on vous apprendra à anticiper.

Pourquoi ? Car pour sortir vainqueur d’une altercation, vous devez maintenir un rythme élevé de pression sur votre adversaire. Cette pression combinée à un niveau maximal d’alerte permet de prévenir toute attaque de votre agresseur, et au final de le mettre en fuite. L’affrontement ne doit pas être une fin en soi, et tout bon combattant ne s’y prête qu’en ultime recours.

L’auto-protection est un mode de vie, elle doit devenir une partie de votre quotidien et de votre manière de penser pour minimiser les risques encourus chaque fois que vous sortez de chez vous. En étant attentif à votre environnement, vous deviendrez plus efficace dans l’art de la protection. Chaque jour, ou que vous vous rendiez, commencez par scanner les environs, pour rester en alerte et prévenir le danger.

Notez vos « issus de secours » pour savoir par où vous échapper si vous voulez éviter la confrontation, et préparez-vous à toute éventualité dans le cas contraire. Si le danger se matérialise, vous serez déjà inconsciemment prêt à l’affronter et vos actions se voudront décisives. L’effet de surprise est votre allié, et vous permet de rester plus en contrôle de la situation.

Si on vous aborde, votre niveau d’alerte vous permettra d’identifier toute posture agressive, et de frapper le premier (les postures et méthodes pour stopper vos agresseurs seront à perfectionner avec des spécialistes, dans une salle de sport, même si nous nous attacherons à vous donner quelques conseils). C’est ainsi que vous pourrez retourner une situation que votre agresseur pensait à son avantage.

Vous comprenez maintenant que l’auto-défense aussi légitime soit-elle, ne représente pas le meilleur moyen de sauver votre peau en cas d’altercation. Si on vous agresse, n’attendez pas qu’on vous assène des coups pour réagir. Identifiez les postures agressives, et tout comportement suspect en gardant les yeux bien ouverts, et entrez en action avant vos agresseurs, pour leur montrer qu’ils ne sont pas tombés sur la bonne personne. Cette capacité d’anticipation, aussi appelée self-protection est la base des entrainements des commandos et des soldats d’élite…il y a peut-être une raison !

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3 réponses à Auto-défense ou auto-protection : quel comportement adopter face à un agresseur ?

  1. David 21 février 2013 à 12:28 #

    Bonjour,

    Je viens de découvrir votre site très intéressant.

    J’ai beaucoup pratiqué les sports de combats (dont le judo…lol) mais ma préférence va bien sûr à ma passion : la boxe thaïlandaise, pour sa noblesse, son état d’esprit ou l’on respecte énormément l’adversaire et ce même s’il s’agit incontestablement de la boxe la plus violente qui soit.

    Une petite question cependant par rapport au cas de légitime défense :

    Dans votre article, vous dîtes de frapper le premier, or, si une personne par exemple vient vers moi et commence à m’insulter, à me provoquer mais SANS porter la main sur moi et que je frappe le premier, alors c’est moi qui serait dans la m****e au niveau de la loi ou lui ?

    Merci et bonne continuation.

    Amicalement.

    • Daniel 1 juin 2014 à 20:42 #

      Mon prof de karaté fait partie des forces de polices (CRS il me semble) et il m’a dit de ne jamais me battre en pleine journée avec des témoins aux alentours, que ton adversaire ait frappé en premier ou non, car au niveau de la loi et de ta pratique concernant les arts martiaux, tes membres seront considérés comme des armes.

      Même si c’est de la légitime défense, malheureusement. Cependant, avec une bonne attitude (non-violente et respectueuse), la police peut se montrer gentil et t’éviter de te mettre dans la m***e.

      J’espère avoir été clair 😉

  2. Bruno 8 février 2014 à 10:44 #

    Dans une altercation, c’est en général, le premier qui frappe qui gagne. Ce n’est jamais du « tête à tête ». Frapper fort et le premier, pour décourager les adversaires. Faire mal, montrer que ça va leur couter cher. La seule solution.

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