Fear

Tout ce que vous devez savoir sur la peur

La peur est une réaction émotionnelle éminemment importante dans la vie, et a fortiori lors d’une agression, puisque c’est un mécanisme de survie présent pour… rester en vie.

C’est pourquoi je vais vous expliquer tout ce que vous devez savoir sur la peur dans cet article. En effet, pour savoir comment réagir en cas d’agression, de hold-up, de danger imminent, lorsque la peur nous envahi et que l’on se sent pétrifié, engourdi, il est bon d’en savoir plus sur ce mécanisme qu’est la peur.

Suivez le guide, à la fin de cet article vous saurez tout ce qu’il y a à savoir sur la peur, pour éventuellement adopter une nouvelle approche par rapport à celle-ci.

Quelques mots sur le cerveau

Une théorie classique dite du cerveau triunique ne considère pas le cerveau comme un ensemble homogène et unique, mais bien comme un système de couches successives à l’image d’un lit : nous avons le matelas, puis l’alaise et enfin le drap housse.

Pour le cerveau c’est la même chose, et cette théorie nous permet de très bien comprendre comment fonctionne celui-ci dans les situations dangereuses tel qu’un hold-up.

De l’intérieur vers l’extérieur, il y a le cerveau reptilien, le cerveau mammalien (ou limbique) et le cortex (ou néocortex).

On considère qu’au fur et à mesure de l’évolution, les couches se sont surajoutées pour donner ce cerveau à triple épaisseurs chez le primate humain.

Voici ce que vous devez retenir sur l’utilité de chacun des cerveaux :

  • Le cerveau reptilien induit les comportements relatifs à une adaptation tout à fait automatique de l’Homme à son environnement, en cas de situation de danger nécessitant des réflexes de survie. Ces réflexes sont les mêmes partout, pour de nombreuses espèces puisqu’ils permettent de survivre. Les comportements concernés comprennent entre autre : recherche d’eau et de nourriture, recherche de territoire et d’abri, recherche de partenaire sexuel, surveillance et défense des ressources alimentaires, territoriales et sexuelles ainsi que tout le langage non verbal (inclut les signes sonores) associé à ces comportements : intimidation, menace, soumission, coopération, séduction, grognements, cris…
  • Le cerveau mammalien dépasse le domaine d’action automatique, les réactions engendrées par celui-ci ne sont plus stéréotypées (bien qu’il n’y ait pas de réflexion). Cela concerne : les émotions associées aux comportements basiques (joie, peur, colère, tristesse…), la mémorisation des expériences vécues dans la mémoire à long terme (c’est ce qui nous permet d’éviter de reproduire un comportement dont on sait qu’il nous a fait du mal par le passé, ou plus simplement le fait d’apprendre une langue et de réutiliser celle-ci par exemple), filtrer les comportements automatiques (la réaction à un stimulus ne va plus être stéréotypée mais variable en fonction de la situation)
  • Le néocortex : c’est la partie du cerveau qui caractérise le genre homo, donc vous et moi en particulier. Chez l’Homme, le cortex représente la grande majorité de la taille du cerveau. Là où il se distingue des deux précédents, c’est qu’il est malléable : c’est ce que l’on appelle la neuro-plasticité. Grâce à l’apprentissage, à l’environnement, à l’expérience, les liaisons neuronales vont se modifier, se créer, se détruire… En fonction du vécu de l’individu. Il permet l’utilisation d’un langage élaboré de manière à traiter l’information de façon très poussée : recombinaison de données mémorisées pour imaginer des solutions innovantes, raisonnement logique, simulation mentale (vous savez, cette capacité de prédire la fin d’un scénario que vous construisez de toute pièce dans votre tête ? Et bien, c’est cela !)

Que se passe-t-il en situation de violence ?

Maintenant que vous connaissez les trois cerveaux, vous allez tout de suite comprendre de quoi il retourne en cas de situation violente ou en cas de danger potentiel voire avéré.

Le plus important à retenir est que, s’il y a un danger (imminent ou présent) réel, c’est alors que les deux cerveaux les plus profonds (à savoir reptilien et mammalien) prennent l’ascendant sur le cortex cérébral. 

Si par exemple il y a un volcan à proximité de vous et que de la lave commence à couler, vous n’allez pas élaborer de scénario quant à l’issue de la situation, ou téléphoner à votre meilleure ami, ou lire un bouquin ! Non, vous allez très probablement courir le plus vite possible sans réfléchir. C’est exactement l’illustration de ce fait : notre cortex est presque coupé, il est refoulé à l’arrière et ne sert que de rôle consultatif.

Au plus la situation est risquée, dangereuse, et dans laquelle la survie est en jeu, au plus le cortex va être mis à l’écart.
Cela est très logique et s’explique par une raison simple : le cortex utilise des circuits nerveux bien plus complexes qui ne seraient pas du tout optimal pour agir rapidement, c’est pourquoi le cerveau reptilien (qui est câblé comme un système ON-OFF) sait déjà ce qu’il faut faire et comme il peut agir très rapidement, c’est lui qui va induire votre réponse, dans les cas les plus dangereux.

Les réponses sont donc quasi-instantanées mais non spécifiques à la situation, puisque ce sont des réactions stéréotypées qui nous ont aidées à survivre depuis des millions d’années, c’est bien qu’elles sont efficaces !

Un autre exemple qui vous montre la puissance du cerveau reptilien dans toute sa splendeur : une amie qui a fait des tonneaux en voiture après s’être endormie au volant ne sait même pas comment elle a réussi à enlever sa ceinture, s’extirper de la voiture (celle-ci était sur la tranche) et sauter de toute la largeur de la voiture en talons. C’est le mécanisme de survie de base qui a pris l’ascendant !

Mécanisme de la peur et application

Comme nous l’avons vu précédemment, le traitement du danger aboutissant à la peur se passe dans le cerveau mammalien (ou limbique). Ainsi dans une situation de peur, il y a deux réactions :

  • La réaction de peur (circuit court) : elle correspond à une réaction de l’organisme entier suite à une situation inhabituelle.
  • Le sentiment de peur (circuit long) : le cerveau limbique transfère les données de la situation au cortex cérébral qui va la traiter, et évaluer tout ce qui est en rapport avec la potentielle menace (nature, importance, immédiateté), il détermine alors s’il est temps de se calmer (fin de l’alarme) ou si au contraire il faut conserver l’alarme car le danger est bien présent.

Pour vous donner une exemple concret, imaginez Julia, une jeune femme qui rentre chez elle. Elle ouvre la porte de sa maison, et au moment de la refermer, en se retournant elle aperçoit quelqu’un à proximité, dans son champ de vision. Elle écarquille les yeux et son langage corporel laisse transparaître la peur (réaction de peur). Puis la situation est traitée, et l’analyse révèle que c’est simplement son mari qui était rentré plus tôt, suite à quoi elle dit « Ah c’est toi, tu m’as fait peur ! » (sentiment de peur). En l’occurrence l’analyse a révélé qu’il n’y avait pas de danger, l’alerte s’est alors arrêtée.

Par contre si son système visuel n’avait pas reconnu la personne, elle serait restée en alerte puisqu’il y aurait eu un danger imminent (inconnu). Cette histoire illustre bien le mécanisme.

Retenez que vous ne pourrez jamais annuler votre peur entièrement, même avec une pratique intense en situations à travers du self défense, par exemple.
En effet, les connexions nerveuses reliant amygdale (responsable de la réaction de peur) au cortex sont beaucoup plus importantes que celles reliant le cortex à l’amygdale.

Cela explique pourquoi il est très difficile de contrôler sa peur en rationalisant.

Dans le meilleur des cas, la peur est maintenue sous votre contrôle, ce qui est déjà très bien puisque cela évite qu’elle ne se transforme en peur-panique qui vous fait perdre les pédales et adopter un comportement inapproprié pouvant mener à votre perte !

Pour terminer sur quelque chose de concret, notons d’abord que votre cerveau s’imprègne de toutes les expériences de peur qui arrivent dans votre vie, c’est ce que l’on appelle la mémoire émotionnelle.
Ainsi, si vous avez été mordu par un chien dans votre enfance, il est fort possible que vous développiez une haine ou une phobie des chiens avec les années. Donc en plus des peurs innées que nous avons tous (peur de la mort, peur de la noyade…), il y a les peurs apprises telles que la peur du chien comme je viens de vous en donner l’exemple.

Le cerveau retient les événements traumatiques pour mieux y réagir dans le cas où cela se reproduirait. Toute la clé de l’auto-défense est là.

Donc pour tirer partie de ce système, vous avez tout intérêt à pratiquer au maximum en situation comme cela est fait en cours de self-défense. La mise sous stress physique et la mise en situation (couteaux, arme…) à laquelle vous êtes soumis dans ces cours permet, avec la répétition, de créer un schéma automatique dans votre cerveau.

Ce simple fait permettra peut-être de vous sauver la vie si une telle situation se présente un jour à vous.

Vous savez désormais tout ce que vous devez savoir sur la peur, cela vous permettra de comprendre mieux le comportement humain en cas d’agression, pour mieux y réagir !

Qu’est-ce que vous utilisez comme moyen d’endiguer votre peur ? Dites-le moi dans les commentaires !

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Conseils en self-défense, sécurité personnelle et survie urbaine.